
La BMW E90 quatre places des Shiftech Drift Series : Build reccord
Une BMW E90 quatre places, montée en une semaine, pour le pilote vainqueur des Shiftech Drift Series. Voilà le projet. Sur le papier, ça ressemble à un pari un peu fou. En pratique, c'est exactement ce que c'est, et c'est pour ça que ça vaut le coup d'en parler.
La voiture est engagée en catégorie Élite du Championnat de France de Drift. Cette vidéo, on l'a filmée en direct du build. Pas après coup, pas en mode récap propre et bien rangé. En direct, dans la poussière, avec les cernes, les pièces qui arrivent pas et les nuits qui finissent tard. Voici ce qu'il s'est passé.

Pourquoi une voiture quatre places ?
Salim Karouache, vainqueur des Shiftech Drift Series, allait recevoir sa caisse de compétition. Jusqu'ici, rien d'exceptionnel. Sauf qu'on a décidé de garder quatre places, ce qui change absolument tout dans les choix de fabrication.
Pas question de découper le plancher pour intégrer le réservoir comme sur une E92 classique. La banquette arrière a été remplacée par des baquets homologués, mais la voiture reste bien à quatre places. C'est la contrainte, et toutes les solutions techniques en découlent.
C'est une des rares voitures du Championnat de France de Drift en catégorie Élite à rouler avec des sièges passagers homologués. Un détail qui n'en est pas un.

Le système carburant : le chantier du début
Première grosse séquence de la vidéo : le circuit fuel, réalisé avec les raccords AN envoyés par Nuke, et la commande était effectivement impressionnante. Du D4 au D20, PTFE, classique, avec le jeu de clés compact pour travailler dans les angles serrés.
Le réservoir choisi est un ATL FIA homologué de 30 litres, positionné sur le train arrière. Décision volontaire pour ramener du poids vers l'avant et ne pas surcharger le porte-à-faux. La mousse anti-déjaugage d'origine a été retirée : incompatible avec l'E85, elle se désagrège et finirait dans les pompes.
À la place, un kit pompe intégré avec système "panier" anti-déjaugage : une pompe de gavage remplit en permanence un panier de 1,5 litre, qui alimente ensuite les pompes haute pression. Résultat : zéro déjaugage, même en virage serré à pleine charge. Deux pompes de gavage, une pompe haute pression, largement suffisant pour le niveau de puissance visé sur cette voiture.
Le circuit traverse toute la caisse, passe en sous-caisse, et ressort dans le compartiment moteur via des passes-cloisons installés derrière la cloison coupe-feu. Réglementation oblige : aucun raccord carburant dans l'habitacle.

Boîte, moteur, embrayage : les jours 3 et 4
Le levier séquentiel est une Samsonas. La boîte est montée avec un capteur de coupure d'injection sur le levier : le système coupe l'injection à chaque passage de vitesse pour que ça rentre net, sans effort. Le circuit d'embrayage intègre un quick release, dépose de boîte rapide, reconnexion en trois gestes, parfaitement étanche.
Les supports moteur IRP sont installés, soudés sur place. Peppinox et Tedy avaient déjà découpé les pièces en amont, un gain de temps précieux sur un build aussi serré. Le support de boîte a été réalisé avec une technique de cales en forme de "petit poisson" pour régler la hauteur au millimètre, puis soudé au TIG.
Le circuit Westgate compte 18 raccords par circuit : du 45°, du 90°, du NPT 1/16, du NPT 1/4. Tout en dash 4, plus propre que la génération précédente.
Les nuits courtes et les jours qui s'allongent
Jour 3 : fatigue, mais radiateur monté, ventilo raccordé, vase d'expansion connecté, circuit fuel terminé, pont arrière rempli.
Jour 4 et 5 : boîte calée, PDM positionné, calculateur moteur (nouvelle génération) à sa place, frein purgé. Il manque encore quelques pièces, quelques supports, un raccord H4 qui fait perdre une journée.
Jour 6 et 7 : la voiture part chez Sofiane et son frère, de Brothers Custom, pour le câblage et les finitions. C'est là que Tedy attaque le faisceau. Le relais de puissance, le passe-cloison pour la batterie, les masses moteur côté boîte de vitesse, tout est préparé en amont pour lui faire gagner du temps.

Media Day en approche et Salim qui arrive en renfort
La veille des essais, il est 23h. La voiture est encore en cours de wrapping. Salim débarque à l'atelier. On aurait préféré qu'il la découvre complètement bâchée, mais le temps manque, comme depuis le début.
Il participe aux dernières finitions. C'est son projet, sa voiture, et il la voit prendre forme dans les dernières heures. C'est ça aussi, un build : la voiture se finit avec son pilote qui aide dans les dernières heures.
Ce qu'on retiendra de ce build
Peu de temps. Beaucoup trop peu. Une voiture de compétition, avec quatre places homologuées, circuit fuel complet, boîte séquentielle, système anti-déjaugage, extincteur automatique, câblage intégral. Le genre de build qui se fait normalement en plusieurs mois, bouclé en quelques jours de nuits courtes.
Ce qui a tenu : les partenaires qui ont livré vite et bien (Nuke, Peppinox, Tedy, Steve de chez Drift Shop, Signal Concept, Lighton Art, Brothers Custom), l'organisation du chantier, et pas mal d'heures que personne n'a comptées.
La suite, c'est la piste. Et on vous en parlera.
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