
Distribution complète et premier démarrage : on remet en route la Ferrari 612 de Lucien Laboisserie
Sur la Ferrari 612 Scaglietti de Lucien Laboisserie, on vient de boucler la distribution complète et la remise en route du V12. Après un premier épisode consacré à l’entretien (bougies, bobines, vidange huile), on attaque ici le gros morceau : remplacement des courroies accessoires, des galets, de la pompe à eau et du thermostat, puis premier démarrage du moteur après intervention. Le tout sur un V12 atmosphérique qui n’avait pas tourné depuis un bon moment. Retour d’expérience complet depuis le centre Shiftech, avec les pièces, le mode opératoire et ce qu’on a observé au premier tour de clé.
Pour retrouver l’épisode précédent sur la remise en état de la 612, c’est par ici : Ferrari 612 Scaglietti : remise en état V12.

Les pièces remplacées sur la 612 de Lucien
Lucien avait commandé l’ensemble des pièces directement chez Ferrari. Ce qui arrive en centre : deux courroies accessoires, deux galets, un bloc pompe à eau avec thermostat intégré, une sonde de température d’eau neuve livrée dessus, et un joint qui manquait à l’appel et qu’on attendait le jour J.
Les deux courroies accessoires sont de petite taille, ce qui peut surprendre sur un V12 : une 5PK qui entraîne la pompe à eau et la direction assistée, une 6PK côté alternateur et compresseur de climatisation. Les galets, eux, sont costauds, belle pièce, avec un tendeur mécanique (pas de rattrapage hydraulique sur cette application, donc pas de tendeur hydraulique à remplacer). Les deux galets partagent la même référence.
Le bloc pompe à eau arrive complet avec thermostat et sonde, ce qui simplifie la dépose : on sort l’ensemble, on remet l’ensemble, sans avoir à intervenir pièce par pièce.

Pourquoi on ne réinstalle jamais une courroie de distribution détendue
C’est la règle de base, et elle ne souffre aucune exception sur une voiture client : une courroie de distribution qu’on a détendue, c’est une courroie qu’on jette. On ne la réinstalle pas, même si elle a l’air en bon état, même si elle vient d’être posée.
La même logique s’applique à l’ensemble des composants du kit : galet enrouleur, galet tendeur, tendeur hydraulique ou à rattrapage automatique, visserie de poulie d’arbre. Tout ce qui a été desserré part à la poubelle. Les vis de poulie d’arbre ont un couple de serrage précis : au deuxième montage, on n’arrive plus à garantir ce couple, la vis s’est allongée, le risque est réel. On change aussi.
Sur les moteurs diesel ou les essences récents équipés d’une poulie damper, on remplace la poulie systématiquement. Quand elle prend du jeu et qu’elle décide de lâcher, elle part dans la distribution, choc à pic, moteur plié. Il n’y a pas de “peut-être ça va tenir” sur ce type de pièce.
Pour aller plus loin sur les règles de remplacement des courroies et chaînes de distribution, on a rédigé un guide complet : Courroies et chaînes de distribution : tout ce qu’il faut savoir.

Pompe à eau et distribution : on ne dissocie jamais les deux
Quand la pompe à eau est entraînée par la courroie de distribution, c’est une règle absolue : on change la pompe à eau en même temps que la distribution. Pas de négociation là-dessus.
La raison est simple. Si la pompe lâche après que la distribution vient d’être refaite, il faut tout redémonter pour y accéder. Autant le faire en une seule intervention. Et surtout, une pompe à eau qui flanche ne prévient pas toujours : elle peut s’arrêter de tourner sans fuite visible, sans bruit particulier, et le moteur chauffe sans raison apparente. Sur un V12 de ce niveau, on ne prend pas ce risque.
Sur la 612, le bloc pompe à eau arrive avec le thermostat et la sonde intégrés. C’est une belle pièce, facile à reposer une fois qu’on a fait de la place côté accessoires. La sonde de température neuve livrée dessus : on la garde, on ne réinstalle pas l’ancienne.

Le premier démarrage du V12
La batterie était complètement déchargée, ce qui n’a rien d’étonnant sur une voiture qui n’a pas tourné depuis un moment. Un booster 100 ampères n’a pas suffi à faire tourner le V12 : il a fallu laisser charger correctement avant de tenter le démarrage. Gros moteur, besoin de grosse puissance pour l’amorçage.
Au premier tour de clé, la pression d’huile est bonne. Le tableau de bord affiche des défauts (TPMS et autres), ce qui est normal à ce stade : la voiture a tourné avec une batterie insuffisante lors d’une première tentative, les calculateurs ont enregistré des défauts qui ne reflètent pas l’état réel du moteur. On les efface une fois que la voiture tourne correctement à température.
Le V12 démarre. Pas de vibration, pas de raté. La distribution tourne rond. L’odeur de vieux carburant dans l’atelier rappelle que personne n’a remis d’essence dans le réservoir depuis longtemps : c’est cette odeur de carburant stagnant qui sort à l’échappement, pas un problème mécanique.
Le passage au banc de puissance n’est pas possible à ce stade : le circuit de freinage est entièrement démonté. Déplacer la voiture dans cet état représente un risque qu’on ne prend pas. On attend la prochaine étape.
La suite du projet Ferrari 612 de Laboiserie
Avant de pouvoir passer la 612 au banc, il reste à refaire le circuit de freinage complet et à purger l’ensemble. Une fois les freins récupérés, on fait les niveaux à chaud (huile moteur, boîte de vitesses) et on pose la voiture sur le banc pour voir ce que donne le V12 après intervention.
Après le banc, direction chez Lucien pour la carrosserie : la voiture a été manipulée par plusieurs personnes pendant les travaux, il va falloir une décontamination sérieuse avant toute reprise de peinture pour éviter les réactions sous le vernis.
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